
Le Projet de Plan Pluriannuel de Travaux (PPPT) et le Plan Pluriannuel de Travaux (PPT) sont des outils essentiels pour la préservation et amélioration de l’immeuble en copropriété avec un accent particulier sur la performance énergétique, l’état du bâti et la sécurité des occupants.
Cet outil contribue à une meilleure gestion d’un immeuble en copropriété par son syndic, pour le conseil syndical et les copropriétaires.
A partir du 1er janvier 2026, le PPPT est obligatoire pour toutes les copropriétés quel que soit le nombre de lots qui les composent. Par conséquent, dans le cadre de la cession d’un lot ce PPPT sera systématiquement demandé par les notaires.
Les points forts :
- Calendrier des travaux et échelonnement des paiements dans le temps.
= ANTICIPATION - PREVISION
- Outil de prévention et de suivi pour les syndics (anticipation de lourds travaux à réaliser ex : ravalement, chaudière…)
= PREVENTION – SECURITE
- La mise en œuvre d’un PPPT dispense la copropriété de faire un diagnostic structure coûteux et la protège de sinistres graves grâce à ce contrôle technique inclus dans le PPPT.
= SECURITE – PREVENTION - ECONOMIES
- Arguments de vente pour les propriétaires : le bien se trouve dans un immeuble bien géré.
= CONFIANCE – CREDIT
Les sanctions en cas d’absence de PPPT :
- Vente : demande de baisse du prix de vente et la responsabilité du vendeur peut être engagée pour défaut d’information. Le PPPT est un document essentiel qui peut faire la différence dans le cadre d’une vente avec une forte concurrence sur le marché immobilier.
- Refus de garantie de l’assurance : en cas de déclaration d’un sinistre, qui est la conséquence de travaux qui auraient dû être identifiés grâce au PPPT mais non réalisés, car défaut de PPPT.
- L’autorité administrative compétente en matière de sécurité et de salubrité (mairie, préfecture…) peut contrôler si le PPPT a été réalisé. SANCTION : établissement d’un PPPT d’office et unilatérale aux frais du syndicat des copropriétaires.
- Responsabilité professionnelle du syndic pour défaut de gestion et faute professionnelle peut être engagée.
= RESPONSABILITE DU SYNDIC ENGAGEE dans les 4 cas visés ci-dessus
Depuis l’entrée en vigueur de la loi n°2021-1104 Climat et Résilience du 22 août 2021, de nombreuses obligations et recommandations, ont été mises en œuvre afin de faciliter la transition écologique et la réduction des gaz à effet de serre. Certaines de ces recommandations et obligations concernent les immeubles bâtis en copropriété.
En effet, l’article 14-2 de la loi n°65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis, modifié par la loi Climat et Résilience prévoit ce qui suit :
Depuis le 1er janvier 2026, l’établissement d’un PPPT, s’impose à tous les syndicats de copropriété, quel que soit la taille de la copropriété. Il s’agit d’une obligation légale.
Il est indéniable que la mise en place d’un tel PPPT est un avantage sérieux pour l’entretien des immeubles en copropriété et assurer une pérennité dudit immeuble, comme cela va être démontré ci-après.
Dans ces conditions, il est nécessaire de détailler les conditions de mises en place d’un tel dispositif (I), de comprendre les intérêts de ce plan pour les immeubles en copropriété, les copropriétaires et les syndics de copropriété (II) et les sanctions en cas d’absence d’un PPPT (III)
(i) PPPT : Projet de Plan Pluriannuel de Travaux : comprend une analyse du bâti, des équipements de l’immeuble et la liste des travaux nécessaires à la sauvegarde l’immeuble et à la sécurité des occupants. Et porte plus particulièrement les points suivants :
Le PPPT s'accompagne d'une estimation du coût de chaque chantier et d'une évaluation du niveau de performance énergétique que les travaux permettent d'atteindre.
Cela permet donc de maitriser les coûts.
(ii) Le Plan Pluriannuel de Travaux (PPT) est la mise en œuvre des travaux préconisés dans le PPPT.
En d’autres termes, le PPPT permet le temps de la réflexion et le PPT permet de mettre en application les préconisations du PPPT.
(i) L’adoption d’un PPPT se fait à l’initiative du syndic de copropriété de l’immeuble, qui inscrit à l'ordre du jour de l'assemblée générale des copropriétaires les modalités d'élaboration du PPPT, qui sont votées à la majorité de l’article 24.
En pratique, lors de l’assemblée générale, le syndic doit présenter le principe et l’intérêt d’adopter un PPPT, puis proposer que l’audit de l’immeuble soit réalisé par une société spécialisée, indépendante et impartiale (à l’égard du syndic). Plusieurs sociétés doivent être présentées lors de cette assemblée générale avec les budgets y afférents.
Cette démarche doit se faire en concertation avec le Conseil Syndical.
(ii) Une fois finalisé, le PPPT est alors présenté à une prochaine assemblée générale des copropriétaires pour son approbation totale ou partielle, notamment si le PPPT fait apparaître la nécessité de réaliser des travaux au cours des dix prochaines années (vote à la majorité de l’article 24).
En pratique, le vote de tout ou partie des travaux préconisés le PPPT par les copropriétaires, permettra de voter le PPT et ainsi mettre en œuvre la réalisation des travaux du PPPT.
L’assemble générale peut voir sa responsabilité engagée si elle rejette sans justification le PPPT ou empêche sa réalisation. Le syndicat des copropriétaires peut alors être tenu pour responsable des préjudices causés par l’inaction collective.
Plus encore, en l’absence de PPPT, les futurs acquéreurs pourraient négocier le prix d’acquisition à la baisse, pouvant légitiment penser que l’immeuble n’est pas entretenu correctement, entrainant par conséquent une hausse des charges, dans le futur.
Cela lui permettra de gérer efficacement sa charge de travail sur les immeubles nécessitant plus d’attention et des réponses claires et efficaces aux conseils syndicaux.
Cela va permettre de fidéliser la relation avec les conseils syndicaux et instaurer un vrai climat de confiance.
L’autorité administrative peut à tout moment demander au syndic de lui transmettre le PPPT adopté, afin de vérifier que les travaux programmés permettent de garantir la sauvegarde de l’immeuble et la sécurité des occupants.
A défaut de transmission du PPPT, il existe 3 conséquences directes majeures :
Par conséquent, l’absence de PPPT empêche toute anticipation pour la copropriété en termes de délai et de coût.
Le syndic, en sa qualité de mandataire du SDC a une obligation de conservation et d’entretien de l’immeuble du syndic, en sa qualité de mandataire du SDC. Par conséquent, si ce dernier néglige d’informer sur le SDC sur la nécessité de l’élaboration d’un PPPT pour assurer la bonne conservation de l’immeuble, sa responsabilité peut être engagée, pour manquement à ses obligations.
Par conséquent, le syndic est ainsi responsable envers le syndicat s'il n'agit pas.
Tel est le cas par exemple :
- Engagement de la responsabilité civile du syndic pour manquement à ses obligations légales.
L’établissement du PPPT est une obligation imposée par la loi de 1965. L’absence de respect des dispositions de cette loi peut être considérée comme une faute professionnelle (faute de gestion), notamment en cas sinistre.
- Engagement de la responsabilité du syndic et du SDC en cas de sinistre ou de dégradation de l'immeuble qui aurait pu être évité par la réalisation des travaux identifiés dans un PPPT.
Cela peut entrainer un refus de garantie par l’assurance de la copropriété et une mise en œuvre de la responsabilité du syndic et/ou du SDC pour faute de gestion ou inaction collective.
Il est important de préciser que le PPPT implique la réalisation d’un diagnostic structurel (obligatoire – article R.126-43-3 du CCH1) et dispose d’un volet architectural concernant la structure de l’immeuble. Cela permet de détecter d’éventuels faiblesses de la structure.
Par conséquent, la réalisation d’un PPPT comprenant un diagnostic structurel aurait peut-être pu éviter le drame qui est survenu la nuit du 17 au 18 janvier 2026 à Paris : A savoir effondrement du plancher sur l’appartement du dessous faisant un blessé grave.
- Impact sur la valeur immobilière : l'absence de PPPT peut avoir un impact négatif sur la valeur des lots de copropriété lors des transactions immobilières, notamment depuis que ce document est devenu obligatoire et que son existence témoigne d'une bonne gestion de l'immeuble.
La responsabilité du vendeur peut être engagée pour manquement à son obligation d’information, qui lui-même pourra se retourner contre le syndic.
- Impact sur le fonds de travaux principal : En l'absence d'adoption d'un PPT (qui résulte du vote du PPPT), le montant de la cotisation annuelle au fonds de travaux ne peut être inférieur à 5% du budget prévisionnel, alors qu'il pourrait être réduit à 2,5% du montant des travaux prévus dans le plan si celui-ci était adopté.
- Copropriétés en difficulté financière : L'absence de PPPT pourrait constituer un élément déterminant pour qualifier une copropriété en difficulté et justifier la mise en place de mesures spéciales de redressement.
Pauline Torras, associée
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